• Maïté Ferran

La peur de bouger

traduction blog Arturo Goicoichea

L’organisme de l’homme (homo sapiens) est le même qu’à l’époque où il se trouvait dans la savane. Il est sélectionné pour résister aux contraintes de la marche dans son milieu ambiant. Les muscles, os, articulations, tendons et nerfs supportent le stress mécanique du mouvement. Parfois une lésion se produit (nécrose) mais elle se répare correctement et nous repartons à la chasse !


L’organisme humain est non seulement capable de supporter les contraintes du mouvement mais il en a besoin. Un corps à l’arrêt est soumis à un processus de dégradation, de vulnérabilité croissante.

On peut supposer que le cerveau de l’époque de la savane, antérieur à l’apparition de la culture agricole, était promoteur du mouvement, obligé par la nécessité de chercher de la nourriture et fuir les prédateurs.


Le système de récompense se charge au travers de la libération de dopamine de générer l’impulsion motrice, l’envie et la motivation envers le mouvement et l’exploration de son environnement.


Aujourd’hui, l’homme est régi par « tout à 100m au maximum ». La provision d’aliment et la sécurité n’exigent plus de bouger. Le système de récompense n’a plus l’objectif de promouvoir l’activité, mais son contraire : le manque d’envie, la sensation du manque d’énergie, la dépression et la douleur si c’est nécessaire.

Il y a beaucoup d’homo sapiens souffrants et fatigués ! Il y a beaucoup d’appareils locomoteurs oisifs.


Au manque de mouvement s’ajoute la peur de se bouger en craignant les conséquences. Le cerveau de l’homo sapiens actuel ne fait pas confiance à son appareil locomoteur. Il craint le frottement des articulations, le pincement des nerfs, les contractures musculaires, que quelque chose s’enflamme.


Dialogue typique d’une consultation chez son médecin :

Vous avez plusieurs hernies discales, arthrose, contractures, usure dans les os. Ca ne m’étonne pas que vous ayez mal. Il vous faut perdre du poids, faire de l’exercice, de la natation. Prenez ces anti-inflammatoires. Consultation terminée!


Le professionnel n'ayant pas les connaissances actuelles sur la douleur, alimente souvent le manque d’estime du patient sur l’état de son appareil locomoteur.

Le patient a la certitude que la douleur est un signe fiable du mauvais état de ses tissus.

L’individu ignore que la douleur n’est pas toujours indicatrice de lésion réelle des tissus mais l’opinion que son cerveau a construit sur cet état de lésion possible ou probable.


Nous savons aujourd’hui grâce à la recherche scientifique qu’il n’existe pas de corrélation fiable entre l’aspect radiologique de nos os, disques et articulations et la douleur. Il peut y avoir beaucoup de douleur et peu d’arthrose et vice versa.

Le mouvement est analgésique non pas parce qu’il chauffe les articulations mais parce que le cerveau donne un « calmant » lorsqu’il invite à l’action.

L’arthrose n’a pas besoin de générer de la douleur. En réalité souvent il n’y a pas d’hernie discale mais simplement une protrusion, ce qui n’est pas la même chose.

Il faut bouger pour enlever la peur! Si vous ne bougez pas avec confiance, vous continuerez d’alimenter la peur cérébrale qui vous amènera à devenir rigide comme une planche !


La douleur s’élimine en se penchant, sautant, courant, dansant, nageant… en vous assurant de le faire sans aucune crainte. D'où l'importance de le faire graduellement lorsque la peur s'est installée depuis longtemps.

Il faut absolument perdre la peur de bouger !!



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